PRIX « MÉTIERS D’ART ET PATRIMOINE BÂTI »

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Le 24 novembre 2015

 C’est au Salon International du Patrimoine Culturel que Julien Hebras a reçu le prix « métiers d’art et patrimoine bâti » en novembre dernier. Un salon qu’il connaît bien pour y tenir depuis des années le stand de l’atelier Lemaire. Seulement, cette fois-ci, ce n’est plus en tant que salarié qu’il est présent.

Le jeune homme de 33 ans vient de racheter l’entreprise de son patron : « Nous faisons de la restauration de meubles et d’objets d’art avec une spécialisation en marqueterie Boulle. Cela nous amène à travailler des matériaux très variés comme l’os, la corne, l’étain, l’ivoire, l’écaille de tortue ainsi que de nombreux bois précieux. » La structure s’est récemment dotée d’une machine bien particulière qui permet de débiter l’ivoire en feuilles très fines avec une surface parfaitement lisse. Un outil unique en France, utile en interne, mais aussi en externe pour répondre aux besoins d’autres confrères : « Il a fallu plusieurs mois pour l’installer et faire les réglages. Maintenant, je voudrais transmettre ce savoir-faire aux générations futures en embauchant des apprentis. »

« Il a fait l’unanimité »

L’atelier compte déjà deux employés. Il œuvre surtout pour une clientèle de particuliers mais aussi pour desadministrations, des ambassades, des musées : « Nous avons par exemple restauré le bureau de l’impératrice Eugénie, ou bien encore un jouet de Louis XVII. Il y a toujours beaucoup d’émotion qui passe à travers ces objets. »

Julien Hebras est un passionné qui s’est construit un parcours très complet, enchaînant les formations pour maîtriser diverses spécialités de son métier : l’ébénisterie en CAP et en Bac pro puis la marqueterie et le tournage sur bois avec en prime un BTMS de restauration de meubles en partenariat avec les Monuments historiques. « J’ai toujours voulu m’inscrire dans des établissements différents pour connaître d’autres façons de faire. Ensuite, monsieur Lemaire m’a appris l’œil, le geste, l’état d’esprit. Mon projet, c’est de faire perdurer cet atelier. »

Cette inscription dans la durée a su convaincre le jury : « Ce lauréat avait déjà posé sa candidature il y a deux ans » se souvient Anne Pouraud, directrice du Conservatoire de la Chanterie. « Il voulait reprendre l’activité de son employeur et acquérir une machine spécifique pour l’ivoire. Quand nous l’avons vu revenir, il avait tenu parole ! Cela mérite d’être salué. Il a fait l’unanimité. » En marge de son activité de restaurateur au service du patrimoine, le Tourangeau pratique le tournage d’art sur bois en créant des luminaires aux parois très fines.

Texte de Priscille de Lassus

 

 

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